Chapitre 5 de la Règle de St Benoit .De l’obéissance.(14-19)

  • Ouvrir l’oreille du cœur du Maître intérieur.

Qui vous écoute m’écoute .Au cœur de l’obéissance ,il y a l’écoute ,qui dépasse largement la personne de l’abbé ou des responsables désignés .

Cette obéissance sera agréable à Dieu et douce aux hommes si l’ordre donné s’exécute sans agitation,ni lenteur,ni mollesse,sans récrimination ni désaccord exprimé.

Obéir aux supérieurs,c’est obéir à Dieu qui a dit:Qui vous écoute m’écoute.

Les disciples obéissent de bon gré:Dieu aime celui qui donne avec joie.

Ne pas considérer,celui qui donne l’ordre et l’ordre lui même.

En cherchant toutes les bonnes raisons de s’esquiver avec toutes les justifications possibles,le mystère de l’obéissance évoqué par St Benoit n’est pas effleuré.

Dans ce processus ,je suis resté au centre,c’est mon désir,mon plaisir,mon affectivité,ma répulsion qui entre en jeu. J’ai pas commencé à écouter.

Le mystère de l’obéissance:C’est celui de l’ouverture de l’oreille du cœur qui cherche à entendre une autre voix,la voie du Maître intérieur.

Ce qui est en jeu,ce n’est pas l’obéissance à tel supérieur,mais la capacité à tendre l’oreille à l’invitation que nous lance l’Esprit Saint.

Alors insensiblement,le centre se déplace: qui vit en moi. Ce n’est plus moi,mais le Christ.(Ga2,20)

C’est lui qui prend la première place. Car l’obéissance,c’est un apprentissage du mystère de l’autre ,du Tout Autre.


  • Les trois seuils de l’obéissance.

Pour St Benoit,il est nécessaire que les ordres donnés par les supérieurs soient respectés,sinon la communauté irait très vite en se désagrégeant.

Pour lui,l’obéissance s’enracine ailleurs.

Le premier seuil consiste à faire simplement ce qui est demandé,en évitant l’agitation ou la lenteur,la mollesse ou la récrimination.

Plusieurs attitudes sont possible :soit on fait ce qui est demandé et parce que c’est demandé,ou parfois on fait le contraire .La première attitude est plus agréable que la seconde,à la fois pour les frères et pour le supérieur.

Obéir ,me sécurise,ou obéir, me menace.

Je suis au centre du problème,soit le supérieur manie le baton et la carotte pour faire avance le mulet

Le second niveau ,c’est lorsque je perçois à travers une expérience douloureuse,un passage en enfer,comme cela peut être vécu en monastère ,mais que cela me fait du bien ,même si cela m’a contrarié.

On s’aperçoit alors ,que ce qui est demandé,même si c’est rébarbatif  et difficile ,me fait progresser .Cette douceur perçue ,cette suavité nous encourage alors de laisser tomber récriminations. Premier sursaut de révolte passé,on fonce ,car une petite lumière a brillé sur ce chemin. C’est  mon  progrès  et je suis au centre de celui-ci.

Il y a une différence avec le premier seuil :j’ai perçu que je ne sais pas toujours ce qui est bon pour moi,mais il y a une démarche de foi et d’abandon.

Parce que ,j’ai fait cette expérience ,je sais que “tout profite à ceux qui aiment Dieu”.

Au troisième seuil, on joue le jeu à plein,on s’abandonne, et cela ne marche pas ,on est plongé dans la nuit de l’obéissance .

Envie de reprendre ses billes ,de saluer tout le monde et de partir en claquant la porte. Car l’obéissance,c’est un jour se heurter au mystère de la nuit.

Tout devient pesant ,on n’y arrive plus,on avance à reculons,lourdement,sans joie.

On rejoint alors le Christ à Gethsémani.

St Benoit met le Christ au centre du mystère de l’obéissance ,parce ce qu’elle devient alors configuration du Christ, transformation de tout notre être pour entrer dans cette filiation.

Sur ce chemin,on est toujours seul .Les autres dorment . Il arrive parfois qu’un ange vienne nous réconforter.

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