COMMENTAIRE DE SAINT GRÉGOIRE LE GRAND SUR LE LIVRE DE JOB

Job dans l’épreuve . 

Saint Paul disait : Nous portons ce trésor dans les vases d’argile, quand il considérait les richesses de sagesse intérieure qu’il portail en lui, tandis qu’il se voyait extérieurement comme un corps voué à la corruption. Eh bien, chez le saint homme Job, le vase d’argile a éprouvé à l’extérieur les déchirures de ses ulcères, mais le trésor intérieur est demeuré intact. Au-dehors, il a craqué par ses blessures, mais intérieurement le trésor indéfiniment renaissant de la sagesse a jailli en des paroles de sainte connaissance comme celle-ci :

 Si nous avons reçu des biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en accepterions-nous pas des maux ? Ce qu’il appelle les biens, ce sont les dons de Dieu, temporels ou éternels : ce qu’il appelle les maux, ce sont les épreuves qu’il subit, dont le Seigneur a dit, par la bouche du prophète : Je suis le Seigneur, et il n’y en a pas d’autre ; je façonne la lumière et je crée les ténèbres, je fais la paix et je crée le malheur .

Il façonne la lumière et crée les ténèbres , car lorsque les ténèbres de la douleur sont créées à l’extérieur par les épreuves, à l’intérieur la lumière de l’âme s’allume par la connaissance. Il fait la paix et crée le malheur , car la paix avec Dieu nous est rendue lorsque des choses qui étaient bonnes en tant que créées, mais non pas en tant que désirées, sont mauvaises pour nous en devenant des épreuves. En effet, par le péché, nous sommes en désaccord avec Dieu ; il est donc juste que nous revenions à la paix avec lui par les épreuves. Ainsi, lorsque toute chose créée bonne nous cause de la douleur, l’âme de celui qui est ainsi corrigé est rétablie par l’humilité dans la paix avec son Créateur.

Mais ce qu’il faut surtout considérer dans ces paroles, c’est avec quelle sagesse dans la réflexion Job se ressaisit contre les objurgations de sa femme : Si nous avons reçu des biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en accepterions-nous pas des maux ? Certes, c’est un grand réconfort dans l’affliction de rappeler à notre mémoire les biens reçus du Créateur, au moment où nous endurons l’adversité. On ne se laisse pas briser par la rencontre de la douleur, si l’on se hâte de se rappeler un bienfait qui nous réconforte. C’est pourquoi il est écrit :

 Au jour du malheur, n’oublie pas le bonheur ; au jour du bonheur, n’oublie pas le malheur. 

Celui qui reçoit des bienfaits, mais qui, à l’époque des bienfaits, ne redoute aucunement l’épreuve, se précipite dans l’orgueil sous l’effet de la joie. Celui qui est broyé par les épreuves mais qui, à l’époque des épreuves, ne trouve aucun réconfort dans les bienfaits qu’il a eu le bonheur de recevoir, voit s’anéantir son équilibre spirituel par un désespoir total.

Il faut donc joindre les deux, pour que l’un vienne toujours soutenir l’autre, de telle sorte que le souvenir du bienfait reçu atténue la peine causée par l’épreuve, et que l’éventualité et la crainte de l’épreuve refrènent la joie du bienfait. Le saint homme Job, pour calmer son âme écrasée par les coups, doit apprécier, dans les douleurs causées par l’épreuve, la douceur des bienfaits en disant :

 Si nous avons reçu des biens de la main du Seigneur, pourquoi n’en accepterions-nous pas des maux ?

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